Interviews d'auteurs

Le club les a interrogés… pour vous !

Laissez-vous guider chaque mois

Chacun dans son style, ces sept auteurs nous donnent à lire des histoires universelles. Pour Fred Vargas, le polar a une fonction cathartique : il purge les passions, et dénoue les nœuds... Marie de Palet est ancrée en Lozère, comme ses personnages, elle fait revivre le monde paysan d’antan, au cœur des familles. Si Ingrid Astier a choisi le roman noir, c’est pour mieux s’approcher des êtres... elle voit l’écrivain comme un bâtisseur de mondes, dans lesquels les lecteurs viennent s’évader.

_Françoise Bourdin_

Un homme surgit de la nuit du passé et réclame comme son dû sa femme qui l'a quitté et s'est remariée.Les premières pages du Choix des autres ressemblent à un début de suspense...

Je souhaitais que le lecteur, dès le début du livre, soit happé par l'histoire et éprouve une sensation d'angoisse diffuse. Il y a la neige, l'isolement du chalet, et cet ex-mari qui réapparait soudain, prêt à tout bouleverser. J'aime bien mettre un pointe de suspense dans mes romans, évoquer la peur que chacun d'entre nous peut ressentir dans certaines circonstances...

_Claudie GALLAY_

C'est quoi pour vous, Claudie Gallay, la « beauté des jours » ?

Des petites choses simples, presque banales : le premier café du matin pris dans la cour, mon chat étendu au soleil, une salade en terrasse dans une rue animée de Paris, le texto d'une amie qui prend des nouvelles, revenir à la maison après des jours d'absence, retrouver ceux que j'aime, lire, sauver un escargot sur la route, donner de l'eau fraîche à mon cheval et le regarder boire… Tout cela enchante mon quotidien. C'est une fantaisie facile et émerveillante que je trouve quand...

_Harlan COBEN_

Succès en série pour Harlan Coben, le « boss » du thriller !

Harlan Coben surfe sur le succès d’Une chance de trop. À juste titre. Avec ce nouvel opus adapté de son livre éponyme, Juste un regard, le maître du polar renouvelle sa confiance à TF1 et renoue avec le plaisir de concocter des intrigues palpitantes et de jouer avec les nerfs des téléspectateurs. Rencontre avec celui que tout le monde surnomme « le boss ».
Vous avez l'air confiant sur l'effet que la série va produire !
Ah oui, vraiment. Je pense que nous avons une intrigue très dense qui distille une vraie angoisse : une femme, qui a tout pour être heureuse, tombe par hasard sur une photo prise il y a vingt ans et voit sa vie et toutes ses certitudes basculer...

_Laetitia Colombani_

Vous avez été scénariste, cinéaste. Vous voilà devenue romancière à succès. Comment vivez-vous cette métamorphose ?

C’est un sentiment très agréable ! Tout est nouveau. Mon entrée dans le monde de la littérature s’est fait endouceur, avec la rencontre de mon éditrice chez Grasset, Juliette Joste, qui a très tôt cru dans ce roman, et m’a accompagnée. Je pense que des bonnes fées, dont elle fait partie, se sont penchées sur le berceau de ce livre ! Et puis j’ai découvert une nouvelle forme d’écriture, un nouveau mode d’expression assorti d’une grande liberté, cela m’a enthousiasmée...

_Fred vargas_

De nombreux animaux sont évoqués dans cette nouvelle enquête du commissaire Adamsberg : les brebisd'Islande, le chat de la brigade, un couple de merles et ses oisillons, la murène, évidemment pas mal d'araignées, des blaps, etc. Y a-t-il un animal en particulier sans lequel vous ne pourriez pas vivre ?

Je constate en effet que des tas d'animaux traversent mes livres sans que j'aie prévu de les convoquer : ils font à leur guise ! Il est certain que ma formation en zoologie (puisque je fus archéozoologue) y est pour beaucoup. L'empathie aussi. Non, je n'ai pas d'animal particulier sans lequel je ne pourrais vivre. Au contraire. J'ai eu trois chats, et leur décès m'a affectée bien plus que je ne l'aurais imaginé. Reprendre un chat ? Puis assister de nouveau à son agonie et sa mort ? Non, je ne souhaite pas renouveler l'expérience. Si un couple d'oiseaux s'installe dans mon micro-jardin, je les observe, les nourris, leur donne à boire, surveille les naissances, donne un coup de main aux oisillons en difficulté. Si, à la campagne, un jeune hérisson s'est dérouté, je le rapporte à son logement. Là aussi, une écuelle d'eau s'il fait trop sec...

_Marie de Palet_

L'histoire de votre « Valet de pique » repose sur un secret de famille qui a empoisonné toute la vie d'un homme. Est-ce que l'on assiste encore aujourd'hui à ce genre de chose ?

Une famille pouvait rester soudée par un même secret très longtemps, parfois au-delà des générations et alors que les descendants n'en connaissaient même plus la raison ! L'influence des parents était primordiale, et leur avis comptait beaucoup, ce qui est sans doute encore souvent le cas. Chacun était au service de la communauté familiale, surtout dans les campagnes, et ce sont probablement les intérêts communs qui contribuaient à préserver le fameux secret. Cela pouvait aller jusqu'à interdire ou défaire certains mariages...

_Ingrid ASTIER_

Bonjour Ingrid Astier. Vous avez publié trois chefs-d'œuvre (dont le dernier, Haute Voltige) qui apportent un sang nouveau au polar. Comment procédez-vous pour aboutir à une écriture à la fois tendue, poétique, charnelle et sexy ?

Je vous remercie. Écrire un nouveau roman, c'est choisir un monde comme une famille. Je le prépare telle une longue course maritime. Pour supporter l'effort durant trois années, seul compte mon désir de rejoindre l'intensité. À quoi ressemblent-elles ? À un cocktail entre armée et couvent ! À chaque fois, je disparais du monde. Pour ne vivre que dans l'atmosphère du roman — pour Haute Voltige, l'art, l'amour, la boxe, les échecs, la guerre. Un monte-en-l'air hors pair… Et Paris depuis les toits. L'amour à flanc d'abîme, aussi, pour rêver la capitale à la verticale. Haute Voltige est un roman d'aventures, un vrai, pour défier Paris et conquérir chacun de ses sommets. La coupole de l'Institut de France, les toits du Musée Rodin...

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