Le Vertige des falaises

Gilles PARIS

Ravissante adolescente de quatorze ans, rousse comme le feu, libre comme le vent, Marnie court, insensible au vertige, le long des falaises de son île natale. Depuis la mort brutale de son grand-père, l'architecte Aristide de Mortemer, suivie de celle, accidentelle, de son père, Marnie vit entre sa grand-mère et sa mère Rose, rongée par un cancer, dans une vaste maison de verre et d'acier dominant les fureurs de l'océan. Ces trois femmes sont veillées par la gouvernante Prudence, gardienne des secrets inavouables des Mortemer. Marnie, folle fille des tempêtes, a, un jour, planté son compas dans le ventre d'un condisciple, le beau Vincy, fils du pharmacien. Loin de lui en vouloir, Vincy en est tombé amoureux, et Marnie n'est pas insensible à son désir... Lire la suite

256 pages | Couverture brochée en couleurs | Format: 14 x 22.5 cm

interview de Gilles PARIS pour la sortie de son livre Le Vertige des falaisesInterview de Gilles PARIS

INTERVIEW GILLES PARIS LE VERTIGE DES FALAISES

Comment aimeriez-vous que soit qualifié votre Vertige des falaises ? Roman d’apprentissage ?
Roman à suspense ? Portrait de groupe avec dames et adolescente ?

C’est avant tout un roman. Je me méfie des cases où sont parfois enfermés les écrivains. Certes il y a du suspens,
mais ce n’est pas un thriller. Une saga familiale ? Mais pas que. Un roman noir ? Oui, mais pas tout le temps…

Marnie, l’adolescente en question, le « cœur battant » du livre, porte le nom d’une célèbre héroïne d’Alfred
Hitchcock. Est-ce volontaire ou simple hasard ? Comme son homonyme, elle est faite d’ombres et de lumière.

Oui c’est volontaire. Le roman d’ailleurs est un hommage à ce réalisateur génial qui adapta entre autres
brillamment trois livres de Daphné du Maurier, dont Rebecca. On ne sait jamais avec Alfred Hitchcock si ses
héroïnes sont coupables ou victimes. Tout comme Marnie qui emprunte son prénom à l’un de ses films Pas de
printemps pour Marnie. Film qu’elle regarde souvent avec sa mère Rose… Quant à Prudence, l’intendante de la
maison, elle peut faire penser à la gouvernante de Rebecca, Mrs Denvers. Là non plus, ce n’est pas un hasard.

Quel fut l’élément déclencheur de cette histoire ? L’île sauvage ? L’un des personnages ? La maison de verre et d’acier ?
Une relecture d’un roman d’Agatha Christie La maison biscornue qui était l’un de ses cinq romans préférés.
J’y ai emprunté le prénom d’Aristide (le grand-père de Marnie) et la digitaline qui intervient au cours du roman.
Un peu comme elle, je laisse tout au long du livre des petits cailloux pour aider le lecteur. Et cette maison
biscornue m’a mené par hasard aux maisons en verre et en acier conçues dans les années 60 en Californie dont je
me suis inspiré pour Glass, la maison de la famille Mortemer.

Dans la famille Mortemer où les hommes ne sont pas vraiment gâtés, les femmes tiennent la part belle.
Pourtant, à l’exception de Rose, elles ont bien des choses, elles aussi, à se reprocher. Qui incarne donc l’innocence ?

Marnie, bien sûr, l’avenir même des Mortemer. Marnie est résiliente, rien ne l’arrête, même pas son âge.

Des plans de cinéma – on imagine une sorte de Belle-Ile-en-Mer tragique –, un scénario fort où l’on attend à chaque page
des révélations sensationnelles… Et pourtant, votre écriture reste légère, aérienne et même allègre. Comment l’avez-vous travaillée ?

Au fur et à mesure de l’histoire. Je n’ai fait aucun plan, aucune fiche, mais j’ai écrit plus d’une vingtaine de
versions avant de le rendre à mon éditeur. J’ai rajouté peu à peu des personnages secondaires pour agrandir ce
roman choral et lui donner un tempo, un peu comme une danse où l’on doit trouver son rythme avant de se lancer.
J’écoute d’ailleurs beaucoup de musique dans les préparations de mes romans.
J’ai travaillé souvent les chapitres à voix haute pour entendre leurs musicalités et traqué les fausses notes.
Une partition en somme, comme les puzzles de mille pièces que j’aimais assembler adolescent. Et puis j’étais
d’une humeur badine, j’ai écrit ce roman tout au long de l’ascension du film de Claude Barras Ma vie de Courgette
adapté de mon second roman Autobiographie d’une Courgette.
D’où certainement, cette légèreté aérienne et même allègre que vous évoquez !

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