Le Choix des autres

Françoise Bourdin

L'harmonie brisée

Parisien d'origine, garagiste, Lucas Vaillant s'est installé à Gap après s'être épris de Clémence, qui y tient un salon de coiffure. Ils sont aujourd'hui parents de deux jumelles, Maryse et Julie. Avec son meilleur ami Virgile Decarpentry, ex-chirurgien orthopédiste à l'hôpital Lariboisière exerçant à présent à Gap, Lucas a fait l'acquisition d'un chalet à neuf cents mètres d'altitude dont la vue s'étend du massif des Ecrins aux collines du Lubéron. Philippine, la compagne de Virgile, qui prépare l'agrégation de philosophie, a fini par se laisser séduire, malgré ses attaches parisiennes, par l'austère existence montagnarde... Mais, alors que tout ce petit monde baigne dans une apparente parfaite harmonie, l'irruption d'un homme abject et violent va tout remettre en question. Etienne était, six ans plus tôt, le mari de Clémence. Et il n'a jamais supporté leur divorce. Il est revenu s'installer à Gap dans le but de la reprendre de gré ou de force... L'angoisse a désormais droit de cité au chalet de La Joue du Loup. Lire la suite

320 pages | Couverture brochée en couleurs | Format: 15.4 x 24 cm  | parution : le 7 septembre 2017

Chapeau

Des personnages attachants, la vie émaillée de peines et de joies, un suspense parfaitement mené : Françoise Bourdin raconte des histoires qui nous ressemblent.

Extrait

C'est ainsi qu'ils s'étaient retrouvés tous les quatre, tous les six avec les jumelles, dans ce superbe chalet isolé où il fallait terminer les peintures et poser les carrelages des salles de bains. Pendant la première année, presque tous les week-ends y étaient consacrés, et peu à peu leur mode de vie s'était organisé. Philippine n'était finalement pas rentrée à Paris, poursuivant une expérience qui semblait la satisfaire. Elle faisait la cuisine et s'occupait du ravitaillement. (...) Le partage des tâches s'était fait par accord tacite, les dépenses étaient réparties de manière équitable et l'entente régnait. Si un jour des problèmes devaient survenir entre eux, ils avaient prévu de se séparer sans rancune et sans insister, chacun récupérant alors sa mise de fonds. Virgile et Lucas n'y pensaient pas, Clémence non plus, seule Philippine se posait parfois la question de son avenir. Pour ne pas perdre Virgile, elle s'était greffée sur un projet conçu sans elle, où elle avait néanmoins trouvé sa place et son bonheur. Mais depuis quelque temps, elle remarquait avec quel attendrissement Virgile s'était mis à regarder les jumelles. En s'occupant d'elles, il commençait à rêver d'enfant, ce qui était légitime à trente-sept ans, toutefois Philippine n'en avait que trente, et elle n'éprouvait pas le même désir.

interview de Françoise Bourdin pour la sortie de son livre Le Choix des autresInterview de Françoise Bourdin

INTERVIEW FRANCOISE BOURDIN Le Choix des autres


Un homme surgit de la nuit du passé et réclame comme son dû sa femme qui l'a quitté et s'est remariée.
Les premières pages du Choix des autres ressemblent à un début de suspense...

Je souhaitais que le lecteur, dès le début du livre, soit happé par l'histoire et éprouve une sensation
d'angoisse diffuse. Il y a la neige, l'isolement du chalet, et cet ex-mari qui réapparait soudain, prêt à tout
bouleverser. J'aime bien mettre un pointe de suspense dans mes romans, évoquer la peur que chacun d'entre nous
peut ressentir dans certaines circonstances.


Vous ne vous écartez pas des « petites choses de la vie quotidienne » et vous ne tombez jamais
dans le cliché. Comment travaillez-vous votre style ?

Ma façon d'écrire est en partie instinctive et en partie le fruit de l'expérience. Utiliser des clichés émousse l'intérêt et nuit à la qualité d'un texte. En revanche, je sais qu'à travers des détails authentiques, on peut facilement s'identifier. Je pense qu'il faut toujours rester vraisemblable, proche de la réalité, et raconter une histoire comme si elle était réellement arrivée. Pour le style, j'essaie d'être efficace afin de ne pas alourdir le récit, et je m'attache à utiliser les mots justes. Le français est une si belle langue qui offre tant de nuances! Je ne cherche ni à simplifier ni à alambiquer les phrases, j'évite les redondances, je suis très attentive aux dialogues entre mes personnages.


Vous évoquez la jalousie d'Etienne, vous en faites en être dangereux, violent. Peut-on dire qu'il est surtout malheureux. Et que la plupart des êtres qui aiment subissent un jour ou l'autre l'assaut de la jalousie ? Comment peut-on d'ailleurs la surmonter ?
Etienne est malheureux parce qu'il ne comprend pas que c'est précisément sa jalousie excessive qui lui a fait perdre sa femme. Il est violent, certes, mais il n'est pas fou et parvient toujours à éviter le pire. C'est aussi un terrible égoïste...comme tous les jaloux. Ce défaut est très difficile à maîtriser, il s'apparente à une pulsion incontrôlable. Le jaloux s'acharne aussi à faire le vide autour de l'objet de son amour, à lui ôter sa liberté pour mieux le contrôler. Ses histoires d'amour finissent souvent mal. Etienne est dans l'excès, mais je lui accorde comme circonstance atténuante que, lorsqu'on est très amoureux, on est vite un peu jaloux...

Lucas, Clémence et leurs filles forment une famille à laquelle se sont agrégés Virgile et Philippine. Ce genre de situation – la cohabitation sous le même toit, la « famille élargie » en quelque sorte –, est-il vivable durablement ?
La cohabitation a ses avantages et ses inconvénients. A mon avis, ce ne peut être qu'une situation ponctuelle qui correspond à un moment de la vie. Quand on est étudiant, par exemple. Plus tard, lorsque les couples se forment, que les exigences grandissent avec la maturité, que les enfants arrivent, c'est indéniablement plus compliqué. Pour mes quatre héros, qui avaient trouvé un équilibre, c'est un évènement extérieur qui vient bouleverser leur mode de vie et leur fait tout remettre en question. “Chacun chez soi” apparaît alors comme la bonne solution.

« Fonder une famille » revient souvent sous votre plume. Selon vous, le « désir d'enfant » est-il primordial dans un couple ? Philippine, si elle devient mère un jour, sera-t-elle une mauvaise mère ?
Dans un couple, si le désir d'enfant n'est pas simultané, ce sera forcément une source de conflit. Philippine ne se voit pas devenir mère parce qu'elle n'en a pas envie. Elle ne serait sans doute pas une mauvaise mère, mais la perspective de la maternité la rebute, ce qui est son droit le plus absolu.


Comment considérez-vous les couples qui refusent d'avoir un enfant ?
Je ne porte aucun jugement sur les couples qui ne souhaitent pas d'enfant. Chacun peut et doit décider en toute indépendance. Avoir un enfant implique une vraie motivation, un vrai désir et une grande lucidité car cela engage toute une vie.

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