Un an après

Anne Wiazemsky

1968. Mariés, Godard et Anne Wiazemsky s'installent rue Saint-Jacques, en face de l'église Saint-Séverin. Ils sont aux premières loges quand, à partir du 3 mai, le Quartier latin s'embrase et tombe aux mains d'étudiants survoltés. Godard se lie avec certains extrémistes qui le poussent à renier ses films ; Anne se prépare à partir au Festival de Cannes, que son mari entend faire interdire...

208 pages | Reliure souple illustrée | Format: 140x205

Chapeau

Citation presse

Extrait

« Mais nous n'avions pas été souvent à Paris, Jean-Luc et moi, depuis l'automne 1967. Il y avait eu de fréquents séjours aux Etats-Unis pour présenter La Chinoise dans les facultés américaines, présentations toujours suivies de longs débats avec les étudiants qui, très vite, m'ennuyèrent. Jean-Luc, lui, aimait ces échanges et se passionnait de plus en plus pour la politique et l'envie de changer le monde de ces jeunes gens ; les marches de protestation contre la guerre au Vietnam, le Black Power. A Paris, il fréquentait des étudiants de tendance maoïste, que je n'avais aucune envie de connaître. Il n'allait plus aussi souvent au cinéma, considérant que dans ce domaine mon éducation était faite. Se réveiller ensemble et se retrouver le soir étaient à ses yeux l'essentiel : nous étions maintenant un couple officiel et il aimait dire en parlant de moi 'ma femme'. Nous séparer ne l'inquiétait plus à condition que cela ne dure que quelques jours. De le voir enfin apaisé me rendait heureuse et tout en même temps me troublait : était-ce compatible avec le grand amour qui nous avait jetés dans les bras l'un de l'autre quand il était venu me retrouver dans le sud de la France ? Une autre crainte me tourmentait que je notais avec sérieux dans le journal que j'avais quasiment abandonné : 'Aimer m'enlève toute mon indépendance.' »

1er chapitre de Un an après

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