Victor Hugo vient de mourir

Judith Perrignon

En ce 20 mai 1885, dans sa chambre tendue de soie rouge, Victor Hugo entre en agonie. Au chevet du grand homme encore conscient, seuls sont admis les intimes qui entourent les deux petits-enfants, Jeanne et Georges. L'archevêque de Paris est prié de ne pas venir : l'orgueilleux mourant a, par avance, refusé « l'oraison de toutes les églises ». Le 22, à quatorze heures, un télégramme du commissaire de police du XVIe arrondissement est envoyé au cabinet du préfet : « Victor Hugo vient de mourir. Cinq cents personnes environ se tiennent aux abords de son hôtel. » La nouvelle se diffuse très vite au travers des rues ; les éditions spéciales qui attendaient, encadrées de noir, passent de main en main. Aux fenêtres, apparaissent des drapeaux tricolores ornés de crêpe. Le lendemain, la Chambre vote à l'unanimité moins trois voix les funérailles nationales. Le Panthéon va être rendu à sa destination première, et les restes de Hugo y seront conduits. Mais, à la Petite et à la Grande-Roquette, les prisons de l'Est parisien, on crie « Vive la Commune ! » et, au Père-Lachaise, devant deux cent trente gardes à cheval prêts à sortir le sabre du fourreau, ondulent les drapeaux rouges « tels des traînées de sang »... Lire la suite

256 pages | Couverture brochée en couleurs | Format: 130x185

Chapeau

« L'art (...) ne doit plus seulement chercher le Beau, mais encore le Bien. » V. H.

Une écriture moderne retraçant les derniers instants du poète et les heures sombres dans lesquelles fut plongée la capitale.

Citation presse

Coulisses

Un hommage vibrant au génie
Aucun Français - pas même le général de Gaulle - n'eut droit à une sortie de scène aussi gigantesque que Victor Hugo il y a cent trente ans. Pour recréer ces journées mythiques de mai et juin 1885, témoins de la disparition de l'auteur des Misérables - l'un des pères de la jeune République française - et la fièvre qui s'empara d'une nation rassemblée, Judith Perrignon a consulté les dépêches, les rapports de police et les innombrables archives, écoutant ainsi littéralement aux portes de l'histoire. Il en résulte un livre très actuel, à la fois ample et intimiste, vibrant du chagrin d'un peuple qui, jamais plus, ne retrouvera un si ardent défenseur.

1er chapitre de Victor Hugo vient de mourir

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