Les chagrins ont la vie dure

Catherine Laborde

Au départ de Paris de son T.G.V., Catherine médite sur la douleur de perdre un homme très aimé mais jamais revu depuis trente ans. Claude, aux obsèques de qui elle se rend à Bordeaux, leur ville natale, fut un espoir du Conservatoire d'art dramatique où ils ont tous deux brillé, mais la drogue a eu raison de lui. Dans le compartiment, face à la présentatrice de TF1, se trouve un petit garçon d'une dizaine d'années que personne n'accompagne. Sage comme une image mais sur ses gardes, il observe, lui, cette femme qui, parfois, somnole et lui rappelle « quelqu'un »... Lorsque le contrôleur se présente, il est clair que Paul Stella - c'est le nom qu'a consenti à donner le petit garçon - fait une fugue. A Catherine qui a payé son billet, il affirme qu'il a rendez-vous, à quatorze heures, à la sortie du lycée Montaigne de Bordeaux, avec une « grande soeur ». Lorsque le convoi s'immobilise dans la gare Saint-Jean, Catherine, oppressée par ce passé qui soudain la piège, décide de ne pas lâcher Paul... Mais lequel des deux va finalement aider l'autre ? Lire la suite

240 pages | Couverture brochée en couleurs | Format: 130x210

 
  • 17,00 €
  • i-bag-small
GRATUIT
CONTRE
6 points i-bag-small
Epuisé

Chapeau

Citation presse

Coulisses

INTERVIEW
Les chagrins ont, certes, la vie dure, mais l'irruption de ce petit Paul dans la vie de la narratrice, c'est le contraire du chagrin : une promesse de bonheur, d'humanité ?
Les promesses de vie sont parfois difficiles à tenir, mais pas pour Paul. Le roman n'est pas centré sur la seule narratrice mais aussi sur lui. Pourquoi ? Pour que le lecteur puisse comprendre son chagrin de petit garçon. A tour de rôle, la femme et l'enfant nous font vivre leurs doutes, leurs désirs, leurs accès de tristesse, de colère. Elle cherche les traces de son enfance dans cette ville où elle n'est pas retournée depuis des années et qui garde ses secrets ; lui est à la recherche de son père qui n'a plus donné de nouvelles depuis fort longtemps. Arriveront-ils à dépasser ce qui les enferme, elle dans la perte de son premier amour et d'un ultime enfant, lui dans l'indifférence d'un père disparu ? Côte à côte, ils vont remonter le passé à la recherche du présent. Que trouveront-ils au bout du voyage ?

Cette belle et émouvante histoire, l'avez-vous vécue vous-même ?
Ma réponse n'est pas univoque : la narratrice présente la météo sur TF1 et cela c'est tout à fait réel, n'est-ce pas ? C'est « vrai », donc. Mais qu'est-ce qui donne le plus de poids à un roman ? De croire que tout est inventé ou que tout est vrai ? Et où commence la frontière entre le réel et ce qui ne l'est pas ? A travers les chemins tortueux de l'imaginaire, la réponse est peut-être à... la fin du livre.

Entre nous

SUITE INTERVIEW
On a l'impression, en vous lisant, que le bonheur est toujours, finalement, à portée de main - ou de voix -, à condition qu'on ne veuille pas l'emprisonner.
Nous sommes doués pour le bonheur ; il est même tout près de nous, j'en suis persuadée. Et je ne crois pas qu'on le refuse parce qu'on voudrait l'emprisonner mais parce qu'il est beaucoup plus facile de se laisser couler vers le malheur, le chagrin (je ne parle pas de ceux qui traversent de grands malheurs, mais de ceux qui ont une vie plutôt douce). Le chagrin, la douleur sont des barrières entre le bonheur et nous, parfois infranchissables, des barrières que nous-mêmes nous construisons. Comme l'écrit Jean-François Lyotard : « Le bonheur est le très peu probable, le bonheur est le plus compliqué. » Il est plus facile d'être malheureux qu'heureux, mais on peut se battre, ne pas se résigner. Et c'est ce qu'a compris Paul, c'est ce que j'ai voulu écrire. J'aime beaucoup ce petit personnage qui s'est imposé à moi sans que je l'aie cherché.

1er chapitre de Les chagrins ont la vie dure

Haut de page