Babylone

YASMINA REZA

Un soir d'été, le drame s'est invité

« C'était un soir bienveillant et gai, voué à l'oubli, au flou des innombrables soirs de la vie. » A Deuil-l'Alouette, en banlieue parisienne, Elizabeth Jauze, soixante-deux ans, ingénieur à l'Institut Pasteur, et son mari Pierre, professeur de mathématiques, organisent une « fête de printemps ». Ils ont invité des collègues, des proches et leurs voisins du dessus, Lydie Gumbiner, thérapeute et chanteuse de jazz, et son compagnon Jean-Lino Manoscrivi, qui travaille dans l'électroménager. Au cours de la soirée, ce dernier a une altercation avec Lydie, qui ne supporte de manger que les poulets nourris de granulés biologiques et qui se perchent sur les arbres. Jean-Lino met les rieurs de son côté. La soirée terminée, les Jauze vont se coucher. En pleine nuit, Jean-Lino les réveille. Lors d'une nouvelle dispute, Lydie s'en est prise au chat de Jean-Lino, Eduardo, un félin difficile qui ne comprend que l'italien. Et l'irrémédiable s'est produit... Un Reza du meilleur cru. Lire la suite

224 pages | Couverture brochée en couleurs | Format: 130x210

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Chapeau

Citation presse

Frédéric Beigbeder pour le Figaro Magazine : Avec Babylone, Yasmina Reza trouve enfin l'équilibre parfait entre angoisse macabre et défouloir satirique, qui correspond à son projet de nettoyage radical.

Extrait

« Fuori Eduardo !
- Pas la peine de lui crier dessus.
- Dégage connard ! »
Le chat regarde Lydie avec morgue et ne bouge pas du tout. Lydie déploie sa jambe et le repousse violemment. Le talon pointu de la Gigi Dool atteint Eduardo au flanc. Il pousse un cri de souffrance. Selon Jean-Lino lui-même, le gémissement les ébranle tous les deux mais il est trop tard. Au moment où Lydie s'incline vers le chat, Jean-Lino empoigne sa tignasse libérée des barrettes et lui tord la tête en arrière. Elle essaie de se retourner pour se libérer mais lui ne sait plus trop ce qu'il fait, il tient les touffes de cheveux dans ses deux mains et les agite en sens inverse. Elle est effrayée. Il la trouve laide. De sa bouche déformée ne sort aucun mot intelligible mais des sons suraigus qui l'irritent. Jean-Lino veut le silence. Il veut que la gorge ne produise plus de son. Il serre le cou. Lydie se débat. Se cabre. Il a trop bu. Il est fou. On ne sait pas. Il serre le cou en appuyant avec ses pouces, il veut qu'elle cède, qu'elle s'aplatisse, il serre jusqu'à ce que plus rien ne bouge.

1er chapitre de Babylone

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