Se souvenir des jours de fête

Christian Signol

La petite flamme de l'amour

Ce matin d'avril, au fond de sa cellule froide et obscure, Etienne réalise soudain qu'il ne va plus revoir Mélina, qu'il connaît depuis l'enfance et qu'il accompagnait là-bas, à Montalens, entre les vignes et les vergers, vers l'école du village. Il ne reverra ni Toulouse, ni sa Garonne... Il ne connaîtra pas Jean, son tout jeune fils né au début de la guerre. Tout cela paraît impossible ! Ayant devancé l'appel en 1939 pour combattre le nazisme alors que sa femme attendait un enfant, le jeune homme a été fait prisonnier à Dunkerque lors de la Débâcle. Après deux tentatives d'évasion, connaissant des camps d'internement toujours plus durs, il finit là, au bord de la Baltique, près de Könisgberg... Mélina, qui n'a plus de nouvelles d'Etienne depuis des mois, n'a pourtant pas perdu espoir. Et c'est au mépris du danger qu'elle s'est engagée dans la Résistance, sa façon à elle de hâter le retour de son amour, avec en tête ce qu'il lui répétait toujours : « Il faut se souvenir des jours de fête où nous avons été heureux et tout faire pour les revivre un jour... » Lire la suite

368 pages | Couverture brochée en couleurs | Format: 145x225

Chapeau

Citation presse

Coulisses

INTERVIEW Etienne a dix-neuf ans lorsqu'il devance l'appel, fin 1939, sachant que Mélina, sa femme, attend un enfant. Comment comprendre cette décision ? C'est un peu l'histoire de mon père qui s'était engagé, lui aussi, à dix-neuf ans, comme Etienne, le héros du roman. Ayant devancé l'appel, il pouvait choisir son arme. Versé dans l'artillerie, Il a connu le camp de Mailly, dans l'Aube... Pour écrire un roman, un écrivain se sert forcément des situations et des individus qu'il a connus (...). Pourquoi Etienne s'engage-t-il ? Pour combattre le nazisme qui menace l'Europe ! Mais après l'offensive allemande de mai 1940, c'est la Débâcle. Etienne se retrouve à Dunkerque, où des milliers de soldats convergent. Un épisode tragique qui est resté dans notre mémoire. Souvenons-nous de Week-end à Zuydcoote [film d'Henri Verneuil]...

Entre nous

Vos personnages évoluent dans des lieux connus, notamment à Toulouse, et sous l'effet d'événements historiques. Quel est le rapport de votre fiction avec la réalité ? Les lieux sont chargés de mémoire. Mes grands-parents ont habité rue Réclusane, à Toulouse, où se déroule une partie de l'action. Je connais si bien cet endroit ! Somme toute, je me rends compte en vous parlant que ce roman m'est assez personnel. Ajoutez à cela des sources historiques, et cela donne une sorte de reconstitution (...). A ce moment-là, les soldats français partagent l'exode des réfugiés civils qui fuient les bombardements. Le quotidien de millions de gens ! La crise économique avait provoqué cette sorte de folie collective, la venue d'Hitler au pouvoir en Allemagne. En écrivant ce roman, je n'ai pas pensé à la situation d'aujourd'hui, mais quand les gens perdent leurs repères, tout peut arriver... La crise économique est là, à nouveau... Mélina entre dans la Résistance. Comment expliquer cet engagement au péril de sa vie et de celle de son jeune enfant ? Les situations transforment les êtres. Mon père a été résistant, disons par nécessité : il devait rejoindre le S.T.O. (Service du travail obligatoire), mais une fois à la caserne de Cahors, juste avant de partir pour l'Allemagne, il a sauté par-dessus le mur. De l'autre côté, l'attendaient des Résistants... Mélina, dans le roman, s'est engagée dans la Résistance car, pour elle, agir pour la défaite du régime nazi, c'était pouvoir retrouver son amour plus rapidement...

1er chapitre de Se souvenir des jours de fête

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