La Maison du cap

Françoise Bourdon

Dynastie de femmes

Arcachon, fin du XIXe siècle. A vingt-quatre ans, Charlotte est mère de deux enfants. Epouse d'un médecin réputé, elle vit dans l'aisance. Mais est-elle heureuse ? Elle ne parvient pas à s'habituer à cette ville de curistes. La presqu'île, de l'autre côté du Bassin, lui manque. Elle y a vécu une enfance libre, dans la maison que James, son père, avait construite quand le cap était encore désert. Une maison de rêve bâtie pour Margot, la femme qu'il aimait. Mais, fils d'une riche famille bordelaise, il avait dû abandonner la mère et l'enfant pour épouser la fille d'un banquier. A l'époque, on ne pouvait déroger aux conventions sociales... Changer de condition avait pourtant été le plus cher désir de Margot. Et sa rencontre avec James lui avait laissé espérer un avenir meilleur que celui auquel elle était destinée, elle, la fille d'un marin pêcheur disparu en mer et d'une misérable résinière de la lande... Lire la suite

496 pages | Couverture brochée en couleurs | Format: 140x225

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Chapeau

Citation presse

Coulisses

INTERVIEW Pourquoi avoir choisi le bassin d'Arcachon comme décor à votre roman ? La géographie est souvent symbolique. Le pays de Buch [landes de Gascogne] comporte deux facettes, la pinède (le royaume des résiniers) et la presqu'île et son cap (celui des marins, des ostréiculteurs). Deux mondes séparés par le Bassin dans lequel on entrait par les Passes, un passage très difficile à franchir, très dangereux. Tant de marins y sont morts... La ville d'Arcachon était réputée pour soigner la tuberculose. Il y avait beaucoup de malades dans ce que l'on appelait la Ville d'hiver. Pour Margot, la Ville d'hiver symbolise la réussite sociale. Elle lui permet d'échapper à la misère que sa mère Léonie a connue dans la pinède, sa mère veuve d'un marin à l'âge de trente ans et qui a dû faire les pires métiers pour survivre - résinière, « bas rouges » [collecteuse de sangsues]...

Entre nous

SUITE INTERVIEW Que représente alors la maison du cap pour vos héroïnes ? A Arcachon, on dit encore « de l'autre côté de l'eau » pour désigner le cap Ferret. Pour Margot, pour Charlotte, il fallait s'éloigner de la pinède, de la forêt où surviennent les drames, aller « de l'autre côté », pour vivre différemment, pour mettre de la distance avec la malédiction de leur ancêtre Rose, qui répétait à sa fille Léonie : « Tu n'es pas faite pour le bonheur. » Léonie, la grand-mère de Charlotte, qui avait connu une vie tellement précaire... Pour ces femmes, cette maison va représenter la sécurité, la liberté, l'aisance, bref, un autre monde, un autre destin, sur cette presqu'île encore vierge au XIXe siècle. Cette maison est ouverte à la vie, elle est du côté de la vie, avec aussi tous les risques que cela comporte... Est-ce une manière de réaffirmer la place des femmes dans la société ? En effet, rien n'est gagné, même à notre époque... Cette quête de bonheur et de liberté va rester ancrée chez les descendantes de Léonie : Dorothée, l'une de premières femmes aviatrices, va se lancer à la conquête du ciel, Violette prendra une part active à la Résistance des décennies plus tard. Ces femmes sont des combattantes, dans leur manière de vivre, dans leurs amours et leurs métiers. Chacune cherche à s'émanciper à sa manière, l'une de l'emprise de l'autorité maternelle, l'autre de la misère, l'autre du poids des conventions du mariage... Oui, ces figures symbolisent l'évolution de la condition des femmes du XIXe et XXe siècles. En fin de compte, tous ces personnages n'en font qu'un.

1er chapitre de La Maison du cap

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