Haute voltige

Ingrid Astier

Le jeu du chat et de la souris

Suite à l'attaque d'un convoi de Saoudiens, Ranko se voit flanqué d'un butin inattendu : Ylana, une femme qui va faire tourner les coeurs des braqueurs (Ranko et son chef, Astrakan). Ylana aimant les oeuvres d'Enki Bilal, Astrakan ordonne à Ranko de déployer ses talents de cambrioleurs. Le commandant Suarez planche sur le braquage. Mais il voudrait surtout mettre la main sur un malfaiteur qui commet ses forfaits en escaladant les immeubles...

608 pages | Couverture brochée en couleurs | Format: 155x225

Chapeau

Quai des enfers (2010) et Angle mort (2013) avaient révélé une auteure au style méticuleux et hyperréaliste. Haute voltige confirme, si besoin en était, un exceptionnel talent.

Citation presse

Pourquoi nous l'avons choisi

Ingrid Astier occupe décidément une place à part dans le paysage du roman policier français. Dans Haute voltige, la violence s'installe en un lent travelling de cinéma : un braquage autoroutier nocturne disséqué avec une maestria éblouissante. Au fil du livre, l'auteure nous entraîne sur les toits de l'Institut de France ou de l'église Saint-Eustache, là où il suffit d'un écart d'un millimètre du pied ou de la main pour chuter dans le vide. De l'action, donc, qui pétrifie le lecteur, mais un roman d'Ingrid Astier, ce n'est pas que cela. Qu'il s'agisse du flic ou du voyou - ces deux êtres qui savent fraterniser parfois -, elle a le talent d'en sonder le coeur et l'âme. Elle décrit en prenant son temps la solitude tragique du voyou dans sa chambre de bonne ou sa filature sur le chemin de halage de la Marne, en banlieue parisienne, et c'est formidable, on voudrait que ça ne s'arrête jamais. Il y a du Melville en Ingrid Astier, le Melville du Doulos et du Samouraï. Le résultat est ce livre unique, entre combat de boxe et jeu d'échecs, admirablement pensé, contrôlé à l'extrême, qui laisse soudain passer l'éclaircie de l'émotion. Un chef-d'oeuvre.

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