Donne-moi des ailes

Nicolas Vanier

Quelle histoire ! Inspiré par les travaux du célèbre éthologue Konrad Lorenz, Antoine, un chercheur idéaliste, poursuit un rêve obsessionnel : sauver les oies naines, une espèce en voie de disparition. Pour gagner ce pari fou, il veut les conduire lui-même, en ULM, vers une route migratoire qui les préservera. Confronté de toutes parts au scepticisme, voire à l'hostilité, il ne veut pas baisser les bras. Il volera de la Suède à la Camargue, un périple de deux mille kilomètres, quoiqu'il en coûte. Dans la vie d'Antoine, il y a aussi Thomas, son fils adolescent mal dans sa peau et dévoré par les jeux vidéo. Les oies leur permettent de se retrouver, quand ils doivent accoutumer les volatiles, dès la couveuse, au bruit de l'ULM, et revêtir d'étranges robes de bure pour leur ressembler. Dans la vraie vie, Antoine s'appelle Christian Moullec et il a réalisé cet exploit. De ce roman vrai et magique, Nicolas Vanier a également tiré un film, qui sortira en salle au mois d'octobre. Lire la suite

352 pages | Couverture brochée en couleurs | Format: 153x240

EXTRAIT L'adolescent s'accroupit, attendri par les tentatives désespérées du poussin qui tente de l'escalader en piaillant. Il le recueille entre ses paumes, lui souffle doucement son haleine afin de le rassurer. Nichée au chaud, Akka s'apaise, les yeux mi-clos, son petit cœur battant la chamade. Comment se présente l'univers pour une oie ? Un monde de géants ? Il se sent fondre de tendresse devant cette boule de duvet jaune. Les autres ne tardent pas à découcher du sillon que sa course effrénée a creusé dans les joncs, Sailor en tête, le coup tendu comme un missile à tête chercheuse. Derrière, avec leur déhanché ridicule, Blaise et Maï, Loulou, Saturnin en panique qui s'efforce de rattraper le peloton, suivi par un groupe indistinct glapissant à qui mieux mieux. Devant la pagaille, Thomas éclate de rire et se laisse tomber de tout son long de manière à leur faciliter l'escalade. En deux minutes les oisillons l'ont recouvert et chacun s'affaire à trouver sa place sur cette mère de substitution. Son odeur familière leur est aussi rassurante que la chaleur de la lampe ou le ronron du moteur qui les berce depuis toujours. Dans le ciel, le grondement du Gros Oiseau décroît et ils s'assoupissent doucement.

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