Ces orages-là

Sandrine Collette

Clémence, trente ans, a vécu un enfer nommé Thomas. Un enfer fait de brimades, d'humiliations, d'exigences délirantes. Une relation toxique dont elle est parvenue à s'extraire in extremis. Elle avait organisé sa fuite : après avoir démissionné de son travail, elle s'était préparée, avait pris quelques affaires, avec une seule obsession : Thomas devait ne se douter de rien. Elle a réussi son coup et s'est échappée, avec l'aide de son amie Manon. Un logement quasiment vide fait alors l'affaire. Elle s'y pose et retrouve un travail dans une boulangerie. Ses collègues sont gentils. La vie peut recommencer. Ou plutôt... « pourrait » recommencer. On ne s'extrait pas des griffes d'un homme pervers aussi facilement : Clémence demeure hantée par son souvenir, effrayée à l'idée qu'il puisse surgir, culpabilisant de ne pas avoir été une femme forte et déterminée qui aurait pu faire face au monstre... A travers ce portrait sous tension, qui tétanise et bouleverse, Sandrine Collette évoque, comme nul ne l'avait fait avant elle, le phénomène de l'emprise et de la violence. Lire la suite

288 pages | Couverture brochée en couleurs | Format: 130x205

EXTRAIT
Presque trois ans à vivre dans une cage qu'il a refermée insidieusement, un peu plus chaque jour, sans qu'elle s'en aperçoive. Trois ans : rien du tout. Dix-huit mois pour le coup de foudre et dix-huit mois pour l'enfer. Mais quand on y est, c'est long comme l'infini. Trois ans pour un travail d'orfèvre. Quand elle s'en est rendu compte, c'était trop tard – les affections étaient rompues. Plus de famille, plus d'amis, des relations minimales avec les rares collègues à la boulangerie, bonjour bonsoir, quelques conversations auxquelles elle ne participait pas. D'elle, on disait qu'elle était timide, repliée sur elle-même. La vérité est tout autre : Clémence est une œuvre. Son œuvre à lui. Avec quels ciseaux invisibles a-t-il coupé un a un les liens qui l'unissaient au monde, avec quelle force lui a-t-il fait croire à la cruauté des autres ? Et lui qui se posait en sauveur, ma belle, ma princesse, lui qui la protégerait toujours – mais de quoi ?

Extrait

Presque trois ans à vivre dans une cage qu'il a refermée insidieusement, un peu plus chaque jour, sans qu'elle s'en aperçoive. Trois ans : rien du tout. Dix-huit mois pour le coup de foudre et dix-huit mois pour l'enfer. Mais quand on y est, c'est long comme l'infini. Trois ans pour un travail d'orfèvre. Quand elle s'en est rendu compte, c'était trop tard – les affections étaient rompues. Plus de famille, plus d'amis, des relations minimales avec les rares collègues à la boulangerie, bonjour bonsoir, quelques conversations auxquelles elle ne participait pas. D'elle, on disait qu'elle était timide, repliée sur elle-même. La vérité est tout autre : Clémence est une œuvre. Son œuvre à lui. Avec quels ciseaux invisibles a-t-il coupé un a un les liens qui l'unissaient au monde, avec quelle force lui a-t-il fait croire à la cruauté des autres ? Et lui qui se posait en sauveur, ma belle, ma princesse, lui qui la protégerait toujours – mais de quoi ?

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