La Plus-que-vraie

Alexandre Jardin

Quand Alexandre Jardin est sauvé par une fée bien réelle.

A la réception d’un hôtel bordelais, Frédéric Sauvage, auteur de romans bien plus tumultueux que sa vie en demi-teinte, croise une jeune femme aux yeux de comète qui porte le même patronyme que lui. La méprise de l’employé qui les accueille, et les prend pour un couple marié, n’est que la première péripétie d’une longue série. Un scénario fou et poétique qui va transformer l’écrivain rabougri en amoureux exalté. « Ce début d’histoire ressemble trop aux scènes de vos petits romans », lui jette sa belle homonyme entre deux traits d’esprit où le mépris pour l’ordinaire le dispute au désir de sublime. Puis elle l’entraîne dans un jeu de piste, de la gare de Bordeaux à une île bretonne, avant que leur sarabande amoureuse les conduise au bout du monde. L’extravagante Alice, la Plus-que-vraie, mène la danse. Elle apprend à Frédéric à prendre le plus beau des risques, celui de vivre. Lire la suite

240 pages | Couverture brochée en couleurs | Format: 150x220

VERBATIM Avant elle, j’étais hors la vie. Je croyais qu’il était normal d’être fragmenté, modérément fidèle, et sage de ne pas tout attendre d’une seule personne. Je pensais les compromis indispensables. Je croyais le déclin des sentiments inévitable. Je me figurais que hurler de rire ensemble était forcément passager. Je pensais la chimie de deux peaux cardinale. Je croyais que vie spirituelle et vie d’amour étaient deux choses bien distinctes. Je croyais l’érotisme un feu intermittent. Je croyais la solitude à deux une fatalité. J’imaginais qu’il fallait agir pour son couple, faire des efforts pour son amour. Je me figurais que les contes restaient des contes. Je croyais la distance physique un handicap. Je croyais les romans des romans. Je croyais que dans un couple chacun devait garder un jardin secret. Je croyais l’incompréhension fatale dans le couple. J’imaginais que j’avais besoin de dormir. Je pensais délirant d’espérer une vie-miracle quotidienne où « tout se fait ». J’avais tout faux. Je ne connaissais rien de l’amour. Rien !

Haut de page